Archive pour mai 2005

Ami, je suis triste…
jeudi 26 mai 2005 à 15 h 09 min


Ami, je suis triste...

Mon ami, je suis triste car tu t'en es allé
Là où le soleil levant brille pour l’éternité.
Et, comme un maillon qui finit par céder,
Tu laisses notre amitié telle une chaîne brisée.

Dans mon coeur, à présent, tu brûles comme un grand feu
Nourrissant le souvenir d’un amour fraternel,
Du lien étroit qui nous unissait, tel un noeud,
Avant ton grand voyage vers l’orient éternel.

Telle une étoile, tu flamboies dans mon esprit.
Tu éclaires mon chantier de ta vive lueur.
Ton éclat est sagesse qui transperce la nuit,
Et m’apporte la force de poursuivre le labeur.

Tu as posé cette fois tes outils pour de bon;
J'achèverai avec eux le travail commencé.
Avec eux, dans la pierre, je graverai ton nom,
Car on ne meurt vraiment qu'une fois oublié.

Et quand ton corps ne sera plus que poussières,
Qu'il ne restera de toi que des os décharnés,
Mes pas suivront toujours ton immortelle lumière,
Dont la beauté orne à son tour la grande voûte étoilée.

Mon ami, je suis triste car tu t'en es allé.
La dernière porte, derrière toi, tu viens de refermer.
La chaîne de l'amitié, bien vite, va se reformer,
Mais, jamais, ton maillon ne sera oublié.


Michel P:.

26 mai 2005



Les colonnes au repos…
vendredi 20 mai 2005 à 15 h 07 min


Les colonnes au repos..

Pareilles à deux géants d’airain
Tombés dans un profond sommeil,
Elles gisent là, au milieu de rien,
Semblant attendre qu’on les réveille.

Il y avait là, en ce curieux endroit,
Un temple où régnait la lumière
Où des hommes probes, libres et droits
Aimaient se retrouver en frères.

Puis les guerriers sont arrivés,
Semant la mort, la destruction.
Les hommes furent alors déportés
Dans les camps d’extermination.

Les murs du temple furent abattus
Et leurs pierres furent éparpillées.
Sur ce terrain vague, triste et nu,
Ne restent que deux colonnes couchées.

Telles des cadavres abandonnés
Dont il ne resterait que les os
Après une bataille oubliée,
Elles gisent là, les colonnes aux repos.

Elles sont les témoins du passé
De la mortelle folie humaine
Née dans l’esprit desséché
D’hommes envahis par la haine.

Elles appellent à la vigilance
Car il n’est pas mort le fléau.
Elles symbolisent l’intolérance
Couchées, les colonnes au repos.


Michel P:.

20 mai 2005